LE CERCLE DES POÈTES DÉTENUS

18 avril 2009

Pour…

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:29
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À 30 ans
Pour la première fois
Derrière les barreaux
À 34 ans
Pour la première fois
Condamné à perpette
À 36 ans
Pour chaque instant
Une pensée pour eux
À la lueur du ciel
L’album voyage
De photo en photo
À la tombée de la nuit
Leurs ébats d’enfants
Surgissent des rêves imaginaires
Petite puce de 5 ans
Bambin de 3 ans
L’effroyable séparation de vous deux
Enfants bientôt adolescents
D’un côté sans père
De l’autre sans enfants
Ce n’est pas dans cette vie
Du plus grand bonheur
D’un rôle de papa.

David Hotyat

Dehors

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:25
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Dehors il y a du soleil
De la jolie lumière
Ici dedans il fait sombre
Pourtant il n’y a pas de nuages

Dehors on respire la vie
Ici dedans on étouffe la survie

Dehors il Y a des rires de joie
Du bonheur
Ici dedans des visages tirés
Pas très expressifs

Dehors on est rarement seul
Toujours quelque chose à faire
Ici dedans on est le plus souvent seul
Avec pas grand-chose pour s’occuper

Dehors le quotidien rend aveugle
Des plaisirs d’un dieu
Ici dedans le temps rattrape
Tout ce qui n’a pas été vu.

David Hotyat

des portes

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:18
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Deux verrous
Avec au centre
Une serrure
Tous les matins
Le clack clack
Des deux verrous
Et le click
De la serrure
Pour vous dire bonjour
Le soir
Même rengaine
Pour vous dire
Au revoir
Du premier au dernier jour
De l’année
Ils ne vous oublient pas
Toujours à la même heure
En des milliers
De portes
Qui ne mènent
Nul part
Des portes
Fixées
Bien au garde à vous
Alignées
Comme un peloton
De légionnaires
Des couloirs,
A perte de vue
On ne voit rien
Rien que des portes
Et pourtant
Derrière chacune
Se cachent
Dans l’ombre
Des vies.

David Hotyat

Ces murs

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:14
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Ces murs pleurent la défaite
Des grandes profondeurs de fenêtre
Englouti pour les ténèbres
Dans l’univers sans être
L’énergie emprisonnée
Craque des murs pilonnés
Le froid qui transpire du béton
Rouille le malheureux boulon
D’un air qui ne respire qu’à demi-poumon
Un corps vibre de pleurs
D’un coeur en fleur
Regardant la terreur
Qui se meurt
Si des murs racontaient
Ils sortiraient
Des films
D’horreur.

David Hotyat

10 avril 2009

Enterré vivant

Filed under: Claude Villata,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 1:42
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Est ce qu’il faut crier.” ,
est ce qu’il faut pleurer?

Qui parle de deuil…?
elles m’ont enterré vivant.
Possédé par un cri de haine,
enfermé dans un tronc de chêne ,
je griffe le bois du cercueil.. .
c’est la nuit ,… mais je suis vivant!

Vous n’avez pas le droit,
ouvrez moi…, ouvrez moi !

C’est une prison? “
Toc, toc ,… toc…
je ne suis pas mort,
rendez moi mon or !
Toc, Toc, Toc!
…personne ne répond!

Au secours, au secours ! ..,
j’ai une barbe de cent jours !. ..

et je sens mes ongles qui poussent. ..
elles m’ont enterré vivant!
Je cogne et j’ai mal aux mains,
j’entends aboyer un chien,
ou peut être quelqu’un qui tousse…
elles m’ont enterré … vivant.

Je vais devenir vampire
à l’heure du dernier soupir,

pour ces garces que je maudis …
qui m’ont enterré vivant!
Ce linceul de volition
fait de mensonge et trahison ,
hurle vengeance et félonie;
…je veux du sang!

Claude Villata

9 avril 2009

EMMA (à ma fille)

Filed under: Jean Pierre Gueye,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 5:03
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Qu’il est triste de te savoir
Loin de moi et de ma vie.
Trop difficile de croire
Qu’à présent tout soit fini!
Je regrette de n’avoir pu assister
A toutes ces premières fois
Qui t’ont vu grandir à souhait
Sans jamais pouvoir dire « Papa »,
J’ai tout fait pour garder Je contact,
Je t’ai écrit et envoyé des choses,
En essayant de conserver le tact,
Mais sans réponses à ma prose…
Aujourd’hui, tu vois, je pense à toi,
Le cœur en berne et l’âme en peine;
Tu me manques et je suis sans joie,
Comme un sujet qui perd sa reine.

Jean Pierre Gueye

L’INCROYABLE ARC-EN-CIEL

Filed under: Jean Pierre Gueye,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 4:44
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On tourne en rond dans cette pièce étroite
On sait bien que l’on est coincé
Rien sur notre gauche et rien sur notre droite
Rien à faire dans cette cellule fermée.
Le regard se lance dans le vide
La pensée transperce les barreaux
Et même si je fais un bide
Je me prends parfois pour Zorro.
Il faut bien contredire I’idée
De l’homme perdu dans sa vie
Il faut bien prédire le prochain été
Période où tout le monde rit.
Et il y a le retour à ce monde chimérique
Les clés tintent et les voix s’entrechoquent
Rien à voir avec le rêve des Amériques
Ni avec quelques imaginaires loufoques.
Un sentiment d’oppression va tel un cador
Vite maîtrisé par l’obsession de la Force
Car je veux vivre par de-là les miradors
En fabriquant mes propres amorces.
Alors je rêve encore TRES GLAMOUR
Je sais que tout est possible
Pourquoi plus jamais toujours
Et rester là pour le destin d’une cible?
Rien à voir avec le rêve des Amérique
J’ai pêché dans la meilleure part de moi-même
Après tant et tant de tourments
Je suis même allé jusqu’à l’extrême
A l’époque où je n’étais qu’un enfant.
Puis j’ai refait le chemin inverse
Pour trier tout ce qui n’était pas convenable
Et là, pas de controverses,
Tout ce que je garde est des plus avouables.
Voila, çà y est, je n’entends plus les voix,
Je plane dans une autre atmosphère
Et même si je porte toujours ma croix,
1/faut bien que je me libère.
Alors j’accède à l’éternité irréelle,
Je plonge dans des cieux éloignés
Où naquit l’incroyable arc-en-ciel,
Là où peut-être Dieu aurait tout créé.

Jean Pierre Gueye

ALORS J’ÉCRIS…

Filed under: Jean Pierre Gueye,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 4:36
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Pour hurler lorsque j’ai mal,
Pour crier lorsque la douleur
N’a point d’égal,
Pour dire tous mes malheurs,
Pour pleurer les larmes de mon corps,
Pour rappeler mes petits bonheurs
Oubliés encore et encore,
J’écris…
Pour que la folie glisse sur moi
Sans s’agripper à la faiblesse,
Fondement de mes émois
A l’époque des caresses,
J’écris…
Pour survivre jour après jour
Dans le dénuement du genre humain,
Pour reconnaitre avoir trouvé l’amour
Qui m’accompagnera vers mes lendemains,
J’écris…
Pour supporter l’insupportable
Pour mesurer l’immesurable
Pour franchir l’infranchissable
Pour ne penser à l’impensable
J’écris…
Pour te voir même là où tu n’es plus
Pour remonter la pendule du temps
Pour te rappeler que tu m’as plu
Pour redevenir ton seul amant,
Alors j’écris…
Pour me souvenir de mes enseignements
Martiaux datant de l’époque des grands voyages
Permettant de tout dépasser allégrement
Jusqu’à se libérer de la peur des forts orages
J’écris …
J’écris pour me libérer du désespoir
Comme d’autres rient pour permettre
(Comme à l’époque de la traite des noirs)
D’éviter le joug de la baguette
J’écris pour que mon sang circule dans mes veines
En évitant l’obstruction des canaux
Qui n’aimeraient pas trop qu’on les draine
Comme pratiqué dans les hôpitaux
J’écris…
Pour ne pas cesser de respirer
J’écris parce que les problèmes s’accumulent
Sans même que j’aie le temps de prier
De les analyser et prendre du recul
Face à ces détachements moléculaires infimes
Constituant la déchéance de ma pensée
J’écris des messages subliminaux et sublimes
En protection qui par elle sera capté
J’écris..
J’écris..
J’écris pour dire !

Jean Pierre Gueye

A L’ÉCOUTE DU VENT

Filed under: Jean Pierre Gueye,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 4:28
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A l’écoute du vent
Par delà les murs je m’envole souvent
Dans le clair-obscur.
Je ris et je pleure
J’existe et je disparais
Dans une vie de leurres
Aux rêves foudroyés.
Je me nourri d’espoirs
Pour que la lumière me parvienne
Pour conserver ma raison
Pour faire grâce à ma vie
Pour survivre en prison
Pour étouffer tous mes cris.
Avoir décidé de vivre
Est une lourde charge
Si ce n’est pour suivre
Une voie digne et large.
Il faut servir à quelque chose
Etre nécessaire à quelqu’un
Et même si tout n’est pas rose
Repeindre le tableau du destin.
J’en appelle à l’être intérieur
Pour qu’il m’accorde la sagesse
De me préserver d’autres erreurs
Et des appels de détresse.

Jean Pierre Gueye

6 avril 2009

Désespoir

Filed under: Hervé lavaud,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 5:11
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Si seulement je pouvais pleurer
je le ferais volontiers
sans aucune honte, sans me cacher, sans me gêner
malheureusement, mes lèvres sont scellées
mes yeux ne peuvent plus larmoyer, j’ai tout donné.
je suis habitué a constater
que la misère, la guerre, continuent de tuer des innocents
qui n’ont rien demandé.
Le monde vit armé de la tête au pieds
impossible de faire un pas,
Sans se faire dévisager.
Qu’y a t’il de pire
que d’annoncer à sa femme, son banquier
qu’on s’est fait licencier.
Fini le temps, où l’on pouvait annoncer
les vacances pour l’été, les parties de cartes, le cricket.
Pourtant tout allait bien chez eux
belle voiture, belle maison
ils étaient si heureux
du jour au lendemain, tout a basculé.
La déchéance s’est installé, aller mendier, auprès des services concernés
là encore, on ne peut l’aider, la crise a frappé.
La solution pour rester digne, la tête haute et assumer.
Actuellement je suis incarcéré,
on dit liberté, égalité, fraternité, ça me fait bien rigoler.
C’est un mensonge, que les gens ne savent pas dissimuler.

Hervé Lavaud

Où suis je

Filed under: Hervé lavaud,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 4:47
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La nuit tombe, la pièce est sombre
Il fait froid, l’hiver est là
tout à coup des bruits de pas
une lumière s’éclaire, s’éteint
je ne comprends toujours rien
que se passe t’il ?
où suis je ?
Je n’en sais rien.

Qu’elle heure est-il, je ne sais pas
enfin une voix, des cris de Joie
peut-être un match ?
que m’arrive-t –i l ?
la folie m’envahit
cette nuit, j’ai mal dormi
c’est pas mon lit, où est-il ?
je regarde la pièce
une porte fermée
une fenêtre barrée
pas de soleil, que de la tristesse
je me lève, un bruit de clés
un homme devant ma porte, un étranger
vêtu tout de bleu, l’air sérieux
m’explique le déroulement de la journée
les rendez vous auxquels je suis conviés
ça y est, mon premier entretien
c’est un médecin
il me faut du temps
pour comprendre
et enfin réaliser
que je suis un prisonnier
qui va rester cloitré
pendant quelques années

Hervé Lavaud

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