
30 janvier 2010
13 décembre 2009
NUITS BLANCHES
Nuits blanches mais pourtant tellement noires
Vous voilà revenues me voir
À l’automne glacé de ma vie
À nouveau vous squattez mon lit
J’ai beau essayé de fermer
Mes yeux à coups de somnifères
Vous trouvez toujours une entrée
Pour vous glisser sous mes paupières
J’ai beau m’armer de sentinelles
Vous trouvez quand même le passage
Et sous vos feux surnaturels
Mes nuits deviennent marécages
Pour marque-page quelques vipères
Vous lisez à l’envers le livre
De tout ce qui était hier
Jamais de vous je me délivre
De loin vous revenez fidèles
Encore plus aimantes qu’avant
Je suis pantin sous vos ficelles
Qui se resserrent en nœuds coulants
J’ai beau éteindre la lumière
Me tourner et me retourner
Sous vos couvertures de pierres
Je suis comme paralysé
Toutes vos musiques dans ma tête
Me traînent jusqu’au petit matin
De cris de larmes et de défaites
Vous orchestrez tous mes chagrins
Mais méfiez-vous de moi quand même
Je suis pas loin de triompher
Sur vos territoires de haines
Il me suffit de vous défier
Dans un sommeil artificiel
Lourd au point d’être sans réveil
Trouver la longue nuit éternelle
Atteindre enfin le grand soleil.
X.M.
NE PAS S’AIMER ENCORE UNE FOIS
Rien
C’était rien qu’un livre d’images
Un jardin pour enfants pas sages
rempli de soleils interdits
C’était rien mais c’était joli
C’était pas une histoire d’amour
Comme j’en rêvais à contre-jour
On s’échangeait seulement l’ chagrin
On s’aimait pas on s’aimait bien
Rien qu’une fois recommencer
Continuer à ne pas s’aimer
Se faire seulement un peu plus chaud
Quand dans les yeux il fait pas beau
Rien qu’une fois faire le voyage
Remonter le temps et les pages
Un matin de pluie souviens-toi
Pour avoir juste un peu moins froid
Ne pas s’aimer encore une fois
Rien
C’était rien qu’une histoire de gosses
Sans voie lactée et sans carrosse
C’était pour faire comme tous les grands
Pour s’en aller juste un instant
C’était presque rien et pourtant
Ça s’en va pas c’est là tout l’ temps
C’est pas à moi ces larmes là
J’ suis presque sûr j’ m’en souviens bien
On s’aimait pas on s’aimait bien
Rien qu’une fois faire à l’envers
Le chemin sous d’autres lumières
Sous d’autres feux d’autres silences
Se naufrager le cœur d’enfance
Rien qu’une fois aller encore
Plus loin qu’aux frontières de la mort
Se noyer de noir et de bleu
Seulement comme ça seulement par jeu
Ne pas s’aimer encore un peu
Pour avoir juste un peu moins froid
Ne pas s’aimer encore une fois.
X.M.
ÉCRIVEZ-MOI
Quatre murs autour de moi
Dimanche en fin de pourquoi
Je pense à vous dedans
J’sais plus quoi faire de tout ce temps
Je m’accroche à des photos
A des images , à des mots
Vous plantez ma mémoire
Et me pliez dans vos mouchoirs
Ecrivez-moi
Et passez de l’autre côté
Ecrivez-moi
Dites-moi ce qui m’est arrivé
Et parlez-moi
Des bleus qu’ils m’ont faits dans le coeur
Écrivez-moi
Je vous répondrai en couleur
Tout ç’qu’on va faire quand je vais sortir
Venez changer mes larmes en sourires
Y’a trop d’aiguilles aux horloges
Trop d’pages au calendrier
Même la peur m’interroge
Elle me demande mes papiers
Et vous, enfertnés dehors
Mes mains vous bavardent encore
Sous des montagnes de ciel
A chaque instant elles vous appellent
Écrivez-moi
Je suis orphelin d’amitié
Écrivez-moi
J’trouve plus personne pour m’adopter
Et parlez-moi
Du soleil qui m’attend dehors
Écrivez-moi
Dites-moi que je ne suis pas mort
Venez la nuit panser mes blessures
Et dessiner des portes à mes murs
Écrivez-moi
Ma vie est dans vos encriers
Écrivez-moi
Ne la laissez pas s’assécher
Et parlez-moi
De tout ce que j’aimais hier
Écrivez-moi
Venez rallumer la lumière
Devant mes yeux, dessous mes paupières
Juste le temps qu’il fasse un peu plus clair
Écrivez-moi
La solitude dort dans mon lit
Écrivez-moi
Ici je n’ai qu’elle pour amie
Et parlez-moi
Des étoiles qui dorment dans ma tête
Écrivez-moi
Et racontez-moi qu’elles sont prêtes
a me donner la plus belle des clés
Celle qui conduit à la liberté.
XM
DÉPRIME
Au moment où tu l’attends pas
Doucement elle te prend le bras
Elle te fait marron dans les yeux
Maquille en noir tes jours heureux
T’as beau lui dire qu’elle est pas belle
Elle a fouillé dans tes poubelles
Remonté jusqu’à ton enfance
Dépouillé ton adolescence
trouvé tous tes vieux maux cachés
Au fond de toi bien enterrés
Elle te les balance en plein coeur
Au beau milieu de ton bonheur
Elle a vidé tous tes tiroirs
Fait le ménage dans tes placards
Gratté les coins de ta mémoire
À la recherche de vieux brouillards
De blessures mal cicatrisées
Elle commence à te faire saigner
D’un seul coup au creux de tes mains
Elle va pleuvoir tous les matins
Jusqu’à pourrir tous tes étés
Te faire l’hiver en plein juillet
Nouant tous tes jours de névroses
Elle va mettre ta vie sur pause
La peur et le chagrin en prime
Ton coeur va devenir infirme
De tout amour dépossédé
En toi il ne va que cogner
Au point qu’une nuit tu voudras
Que ça s’arrête tellement t’as froid
Elle elle aura enfin gagné
À un autre elle va s’accrocher
Et à l’oreille lui chuchoter
De vieux souv’nirs pour commencer
Et lui va plonger à son tour
Tout lui donner ses nuits ses jours
Jusqu’à en perdre la raison
Sans même lui demander son nom
Très vite il sera son intime
Sans savoir qu’elle s’appelle déprime.
XM
27 novembre 2009
24 juin 2009
Terre-eau de vie
Souillée, blessée, meurtrie
cellule déïque en danger,
exploitée, déforestée, appauvrie
citoyens stoïques, en parler.
Ours polaire, fini de pavoiser
ton territoire, minimisé !
Ours brin, fini de gambader
ta forêt, contaminée !
Bipède à conscience erronée
démuni de toute forme de respect
abruti de spots « publicité »
il te faudra un jour te recentrer.
Sècheresse de l’âme et des sentiments
arrête de psaumer le no futur !
Quand il te faudra boire tes sédiments
tu parodieras ta contre nature.
Prends conscience de ton non sens,
cesse ce comportement immature
réimplante un peu de tes « essences »
pour enfanter à nouveau dame nature…
ÉRIC MERCIER
PRÉ MORTEL
Abus de grille et de barreaux
à bu toxine en mon plan d’eau.
Gardien vêtu des oripeaux
maîtres vêtus de notre peau.
Libère ces liens, retiens tes chiens
ne celle en moi ce terrible destin
d’un jeu, d’un tour embellir ton jardin
nourrir de jeûne comme un jour clandestin.
Saut, cabri en espace agencé
de clôture un avenir en danger
onde des blés, avide de liberté
monde Massaï des courses effrénées.
Courses des faons, trompe l’éléphant
s’évader empruntant, cour des vents
avenir clôturé dans la cour des plus grands
stupide humain à vouloir faire la paon !
Migratoire des allées déconvenues
évasion de ces êtres aperçus
gracie moi de cette cage si obtus
enclave, esclave, satisfaire l’individus.
ÉRIC MERCIER
GÉOLE
Rêveur-traveller
patience en ces heures
attente, comme une douleur
d’ailleurs !? Aucune odeur.
A quand demain, la fin
a quand le jour, ultime retour
rage de vivre une nuit « Aladin »
millier de nuits, mille détours.
Clac, clac !! Serrure du cœur
un numéro, plus de monseigneur
lilas, fraise, manque de couleur
Encre grisaille, jaunis des fleurs.
Pelouse béton, herbe en carton
parole éteinte, manque rébellion
muraille étanche, plafond prison
fermer les yeux, seule évasion…
Lézarde, sentiment, espérance
disparition des jours « la chance »
bal des bleuets, dernière danse
fermer les yeux, une délivrance.
ÉRIC MERCIER
18 avril 2009
Je suis là à écrire
Je suis là à écrire
Sur ce petit coin de table
Je ne sais pas trop
Ce que pourrait
Me dire mon stylo
J’ai beau le regarder
C’est le vide en moi
Je n’arrive même pas
À penser à quelque chose
Tant cette épreuve carcérale
Me dévore et m’absorbe
Au fil du temps
J’ai beau me dire
Fort physiquement et psychologiquement
Cet enfer
Finit par dévorer sans que l’on s’en
Rende compte où bien
Que l’on ne veuille pas
Accepter la réalité
Une vie qui passe à une survie
Ça ne va pas dans l’ordre des choses
Il y a une trop grande différence
Une trop grande perte
Du quotidien
Et de soi aussi
Un trop grand choc
Qui surgit d’une souffrance
Que l’on arrive
Difficilement à gérer
C’est pourquoi
Je pense qu’il vaut mieux
Garder les yeux fermés
Rester complètement vide de l’intérieur
Et partir je ne sais où.
David Hotyat
Le caméléon pénitenciaire
J’en ai vu défiler
Des pages sur l’oubli
Pourtant je n’ai pas lu
Ce que l’on peut craindre
Comme oubli ici, en prison
D’être là près d’un mur
Sans que personne ne me remarque
D’exister uniquement
Pour le béton
Devenir un caméléon pénitentiaire
Où seul dans l’ombre
Le décor s’aperçoit d’une présence
Un oubli total
De l’âme humaine
Englouti dans les ténèbres
Oublié de la société
Pour devenir inexistant
D’un monde d’exécution
D’être absorbé
Dans l’oubli
De fusionner
Avec un mur ou un grillage
D’appartenir
À un oubli
D’une enceinte
Pénitentiaire
Qui ne me voit pas
Alors
Que je suis
Bien réel’
Dans un monde
D’oubliette.
David Hotyat
Je suis ici
Je suis ici
En ces lieux
Fermés à double tour
Laissant mon quotidien
À la porte
Ainsi
Qu’une grande partie de moi
Il va falloir chercher
Ce qu’il reste en soi
Faire évoluer
Ce que l’on va trouver
Peut être réussir quelque chose
Que l’on aurait
Jamais pu penser
Un jour être capable
D’allier ce temps
Avec cette partie
De nous inoccupée jusqu’alors
Partager cette solitude
Avec de nouvelles envergures
Penser à avancer
Sans se retourner
D’être confiant
De croire en soi
Et d’essayer
D’entre ouvrir
Une porte.
David Hotyat
Ni faune, Ni flore
Ni faune
Ni flore
Mais monde
De béton
Aux arbres de barreaux
Dehors des chants d’oiseaux
Apaisent les tympans
Dedans
Des hurlements raisonnent
Arrivant aux oreilles en tambourins
Dehors
Si paisible et agréable
De respirer toutes ces
Millier de fleurs
Dedans
Tellement désagréable
De laisser gonfler
Deux poumons pollués
Dehors
Si belle la liberté
Que l’on reste
Aveugle et inconscient
De cette vie
Dedans
Difficile
Cette survie
Rien
D’autre
À ajouter.
David Hotyat


