LE CERCLE DES POÈTES DÉTENUS

24 juin 2009

PRÉ MORTEL

Filed under: Éric Mercier,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:39
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Abus de grille et de barreaux
à bu toxine en mon plan d’eau.
Gardien vêtu des oripeaux
maîtres vêtus de notre peau.

Libère ces liens, retiens tes chiens
ne celle en moi ce terrible destin
d’un jeu, d’un tour embellir ton jardin
nourrir de jeûne comme un jour clandestin.

Saut, cabri en espace agencé
de clôture un avenir en danger
onde des blés, avide de liberté
monde Massaï des courses effrénées.

Courses des faons, trompe l’éléphant
s’évader empruntant, cour des vents
avenir clôturé dans la cour des plus grands
stupide humain à vouloir faire la paon !

Migratoire des allées déconvenues
évasion de ces êtres aperçus
gracie moi de cette cage si obtus
enclave, esclave, satisfaire l’individus.

ÉRIC MERCIER

GÉOLE

Filed under: Éric Mercier,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:32
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Rêveur-traveller
patience en ces heures
attente, comme une douleur
d’ailleurs !? Aucune odeur.

A quand demain, la fin
a quand le jour, ultime retour
rage de vivre une nuit « Aladin »
millier de nuits, mille détours.

Clac, clac !! Serrure du cœur
un numéro, plus de monseigneur
lilas, fraise, manque de couleur
Encre grisaille, jaunis des fleurs.

Pelouse béton, herbe en carton
parole éteinte, manque rébellion
muraille étanche, plafond prison
fermer les yeux, seule évasion…

Lézarde, sentiment, espérance
disparition des jours « la chance »
bal des bleuets, dernière danse
fermer les yeux, une délivrance.

ÉRIC MERCIER

18 avril 2009

FLEURS D’ESPÉRANCE

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,P.H. Lezac — webmaster @ 9:22
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Aux barbelés des camps et des prisons
Eclosent d’étranges fleurs d’espérance
Nées de la peur, des cris, de l’ignorance
Qu’un coeur parfois fait devenir chanson

Et de ces peurs, de ces coeurs, de ces fleurs
Et de ces ronces et de ces fers rouillés
Un fruit parfois vient à maturité,
Un fruit poussé au terreau du malheur.

Et il prend là des noms bien différents,
Couleur du regard que chacun lui porte,
Arrête-toi et laisse filer le temps.

Le temps ici hélas est démesure
La liberté perçue entre deux portes,
Et fleurs de salpêtre sur les vieux murs.

Paul Henri Lezac

Je suis là à écrire

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:49
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Je suis là à écrire
Sur ce petit coin de table
Je ne sais pas trop
Ce que pourrait
Me dire mon stylo
J’ai beau le regarder
C’est le vide en moi
Je n’arrive même pas
À penser à quelque chose
Tant cette épreuve carcérale
Me dévore et m’absorbe
Au fil du temps
J’ai beau me dire
Fort physiquement et psychologiquement
Cet enfer
Finit par dévorer sans que l’on s’en
Rende compte où bien
Que l’on ne veuille pas
Accepter la réalité
Une vie qui passe à une survie
Ça ne va pas dans l’ordre des choses
Il y a une trop grande différence
Une trop grande perte
Du quotidien
Et de soi aussi
Un trop grand choc
Qui surgit d’une souffrance
Que l’on arrive
Difficilement à gérer
C’est pourquoi
Je pense qu’il vaut mieux
Garder les yeux fermés
Rester complètement vide de l’intérieur
Et partir je ne sais où.

David Hotyat

Le caméléon pénitenciaire

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:42
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J’en ai vu défiler
Des pages sur l’oubli
Pourtant je n’ai pas lu
Ce que l’on peut craindre
Comme oubli ici, en prison
D’être là près d’un mur
Sans que personne ne me remarque
D’exister uniquement
Pour le béton
Devenir un caméléon pénitentiaire
Où seul dans l’ombre
Le décor s’aperçoit d’une présence
Un oubli total
De l’âme humaine
Englouti dans les ténèbres
Oublié de la société
Pour devenir inexistant
D’un monde d’exécution
D’être absorbé
Dans l’oubli
De fusionner
Avec un mur ou un grillage
D’appartenir
À un oubli
D’une enceinte
Pénitentiaire
Qui ne me voit pas
Alors
Que je suis
Bien réel’
Dans un monde
D’oubliette.

David Hotyat

Je suis ici

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:36
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Je suis ici
En ces lieux
Fermés à double tour
Laissant mon quotidien
À la porte
Ainsi
Qu’une grande partie de moi
Il va falloir chercher
Ce qu’il reste en soi
Faire évoluer
Ce que l’on va trouver
Peut être réussir quelque chose
Que l’on aurait
Jamais pu penser
Un jour être capable
D’allier ce temps
Avec cette partie
De nous inoccupée jusqu’alors
Partager cette solitude
Avec de nouvelles envergures
Penser à avancer
Sans se retourner
D’être confiant
De croire en soi
Et d’essayer
D’entre ouvrir
Une porte.

David Hotyat

Ni faune, Ni flore

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:32
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Ni faune
Ni flore
Mais monde
De béton
Aux arbres de barreaux
Dehors des chants d’oiseaux
Apaisent les tympans
Dedans
Des hurlements raisonnent
Arrivant aux oreilles en tambourins
Dehors
Si paisible et agréable
De respirer toutes ces
Millier de fleurs
Dedans
Tellement désagréable
De laisser gonfler
Deux poumons pollués
Dehors
Si belle la liberté
Que l’on reste
Aveugle et inconscient
De cette vie
Dedans
Difficile
Cette survie
Rien
D’autre
À ajouter.

David Hotyat

Pour…

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:29
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À 30 ans
Pour la première fois
Derrière les barreaux
À 34 ans
Pour la première fois
Condamné à perpette
À 36 ans
Pour chaque instant
Une pensée pour eux
À la lueur du ciel
L’album voyage
De photo en photo
À la tombée de la nuit
Leurs ébats d’enfants
Surgissent des rêves imaginaires
Petite puce de 5 ans
Bambin de 3 ans
L’effroyable séparation de vous deux
Enfants bientôt adolescents
D’un côté sans père
De l’autre sans enfants
Ce n’est pas dans cette vie
Du plus grand bonheur
D’un rôle de papa.

David Hotyat

Dehors

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:25
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Dehors il y a du soleil
De la jolie lumière
Ici dedans il fait sombre
Pourtant il n’y a pas de nuages

Dehors on respire la vie
Ici dedans on étouffe la survie

Dehors il Y a des rires de joie
Du bonheur
Ici dedans des visages tirés
Pas très expressifs

Dehors on est rarement seul
Toujours quelque chose à faire
Ici dedans on est le plus souvent seul
Avec pas grand-chose pour s’occuper

Dehors le quotidien rend aveugle
Des plaisirs d’un dieu
Ici dedans le temps rattrape
Tout ce qui n’a pas été vu.

David Hotyat

des portes

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:18
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Deux verrous
Avec au centre
Une serrure
Tous les matins
Le clack clack
Des deux verrous
Et le click
De la serrure
Pour vous dire bonjour
Le soir
Même rengaine
Pour vous dire
Au revoir
Du premier au dernier jour
De l’année
Ils ne vous oublient pas
Toujours à la même heure
En des milliers
De portes
Qui ne mènent
Nul part
Des portes
Fixées
Bien au garde à vous
Alignées
Comme un peloton
De légionnaires
Des couloirs,
A perte de vue
On ne voit rien
Rien que des portes
Et pourtant
Derrière chacune
Se cachent
Dans l’ombre
Des vies.

David Hotyat

Ces murs

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:14
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Ces murs pleurent la défaite
Des grandes profondeurs de fenêtre
Englouti pour les ténèbres
Dans l’univers sans être
L’énergie emprisonnée
Craque des murs pilonnés
Le froid qui transpire du béton
Rouille le malheureux boulon
D’un air qui ne respire qu’à demi-poumon
Un corps vibre de pleurs
D’un coeur en fleur
Regardant la terreur
Qui se meurt
Si des murs racontaient
Ils sortiraient
Des films
D’horreur.

David Hotyat

La poésie en prison

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:11
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En prison
Je découvre
La poésie
Bizarre
Deux milieux opposés
Rien ne se ressemble
D’un côté
Fleurs
Papillons
Alors que l’autre
Béton
Barreaux
Peut-on associer
Bonheur avec malheur
Amour du sang
Ça ne va pas du tout
Un papillon reste avec ses fleurs
Le prisonnier avec sa miséricorde
Quand même
À la bibliothèque
Baudelaire
Verlaine
Éluard et tant d’autres
Pouvoir lire c’est comprendre
Réussir
L’évasion des vers et des rimes
Réveillant
L’espoir
Loin des nuages gris
Pour
Celui
Qui
Rêve
Du coeur
D’un poète.
Ça ne va pas du tout
Un papillon reste avec ses fleurs

David Hotyat

La tôle

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:05
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Dur dur la tôle. Je ne pense pas que l’on arrive à s’y habituer.
Chacun s’adapte tant bien que mal dans cet univers plus que fermé.
Des personnalités différentes, des cultures diverses, une religion pour tous ceux
qui le souhaitent, des activités pour des chanceux comme pour le travail.
Bref, on est tous ensemble mais bien tous différents dans notre propre petite société carcérale.
Mais à l’extérieur de ces hauts murs il-y a-t-il une différence avec nous?
Je pose la question et je réponds que c’est une société qui ressemble de très près à la notre.
Une vie voisine à une survie où chacun tente d’exister tout simplement.
Lorsque j’entends tout ce qui se dit sur nous à l’extérieur de cette enceinte pénitentiaire, je ne l’accepte pas.
Comment une société peut-elle se permettre de critiquer, même juger un lieu
qu’elle ne connaît pas du tout aussi bien de près que de loin.
Avant de parler en répétant ce que vous entendez complètement déformé de la
réalité, venez vous faire votre propre opinion.
J’entends à la télévision que les dons du sang de moelle osseuse etc. etc. sont en
chute et qu’il n’y a plus assez de donneur .
Moi, je n’ai jamais fumé de ma vie, pas même bu une goutte d’alcool, hors de
question de toucher à la drogue. Du sport depuis que je suis tout gamin.
Aujourd’hui, j’aurai 36 ans le mois prochain, cela fait maintenant cinq ans que je suis ici et je n’ai pas changé mon rythme de vie.
Toujours très sportif sans aucune consommation de merde.
Je croise les doigts en vous disant ce que je vais écrire, mais jamais de médecin et une santé en béton armé.
Alors nous qui sommes considérés par vous comme des pestiférés où l’on nous
interdit d’être des donneurs alors que l’on est en bonne forme physique dans un corps sain.
Vous, l’autre société que je vois à l’horizon de ma fenêtre, d’ici on peut vous
juger aussi, sans même vous connaître, de ne pas vouloir aider votre prochain,
l’enfant du voisin, qui êtes-vous pour fermer les yeux à ces annonces de demandes de dons.
Votre société est-elle irréprochable? Vous pouvez la juger mais ici la notre de
société, vous ne le pouvez pas car , dans ma petite société de pestiférés en
reprenant vos pensées, la solidarité, cela existe depuis toujours et si l’on doit
donner une petite partie de nous pour notre prochain, la question ne se poserait même pas.

David Hotyat

17 avril 2009

On ne sait jamais….

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,Olivier Toussat — webmaster @ 6:47
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Si tel est pris qui croyait prendre,
Que mal prend aux volereaux de faire les voleurs,
Dans ta sagesse, il ne faut s’y méprendre,
Ami Jean enjôleur.

Volatile en cage est bon professeur,
Sur ce qu’il ne faut commettre comme erreur,
Et il est a penser que successeur,
Comme élève dépasse son maitre captif en son heure .

Cage n’assure nullement gageure,
A aucun oiseleur,
Qu’un jour corbeau glouton,
Élève en son heure ne subtilisera mouton.

Olivier Toussat               en référence à la fable: “le corbeau voulant imiter l’aigle” de Jean de la Fontaine”

10 avril 2009

un mort

Filed under: Claude Villata,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 1:53
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Un mort c’est bizarre
froid livide étendu
avec son sang qui goutte
en perles éclatées
et flaque de poix rouge.

L’on appelle… l’on bouge
autour d’un corps figé,
et une arme s’encroûte,
tombée du poing déçu
d’avoir tremblé trop tard.

L’assassin plein de haine
voudrait frapper encore…
l’autre ne valait mieux!
Le trois juin cette année
sera mort poignardé,
pour rien, “homme sans Dieu
dont ne reste qu’un corps
et de mauvaise graine.

Le voleur, l’assassin,
comment faut-il y croire?
Le juge va gagner
et l’autre va croupir
vingt ans sans repentir,
pour ne savoir aimer,
et cela fait la gloire
de son triste destin.

Claude Villata

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