LE CERCLE DES POÈTES DÉTENUS

30 janvier 2010

Dans le livre de Mathieu

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,PMF — webmaster @ 8:21
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11 janvier 2010

la Leçon

Filed under: Jacques Yves Bérard,LES POÊTES VISITEURS — webmaster @ 7:02
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31 décembre 2009

La rose bleue

Filed under: André,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 5:53
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Bleue, cette rose nous surprend,
elle n’est pas de ce monde,
jadis peut être elle le fut.

Admiration, fascination
beauté irréelle,
soudain sous le charme,
elle nous transporte délicatement
vers les mystères de l’infini
juste devant le seuil
isolant l’homme de ceux qui conduisent son destin
et l’après midi.

Bleue, cette rose nous projette
vers notre accomplissement total,
sans limite,
vers la grande connaissance,
vers le grand secret,
elle représente
notre recherche perpétuelle
et acharnée de la perfection
que la nature humaine
ne peut atteindre
mais qui nous sert de repère ;

Bleue, cette rose
nous fait pénétrer dans la profondeur
de la profondeur de la lumière de la vérité.
Songe d’immortalité,
pensée créatrice, rêves, imaginaire fécond, inspiration,
c’est l’autre côté du miroir, l’inaccessible pourtant si proche,
renaissance mystique,
grande sagesse que chacun possède
dans la profondeur de son âme,
mais que parviennent a découvrir.

Bleue, cette rose
est ce qui devienne de plus précieux
eu
l’être humain,
le diamant de son cœur,
l’amour idéal

Auquel celui ci aspire
du plus profond de sa passion
son éternelle quête de l’absolu.

ANDRÉ

13 décembre 2009

Régresser

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,XM — webmaster @ 5:41
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Régresser  régresser

Devenir un homme jeune simplement pour le fun

Dans la rue libéré marcher d’un pas tranquille

Sourire à une femme l’inviter à dîner

Mes yeux la déshabillent mes mains la démaquillent

Et tout mon corps s’enflamme jusqu’au fond de mon âme

Régresser régresser

Devenir un jeune homme à Athènes ou à Rome

mordre à toutes les pommes souvent en faire des tonnes

Amoureux de l’amour amoureux pour toujours

Demi-dieu invincible en possession de tout

être fort et debout gagner à tous les coups

Régresser régresser

Être un adolescent la vie au bout des dents

Savoir tout et sur tout la rage dans le sang

Être prince être roi bien droit dans mes quinze ans

Mais plié replié le coeur encore trop tendre

Toujours prés à mourir toujours prés à se fendre

Régresser régresser

Redevenir enfant dans les jupes de maman

Lui dire qu’elle est très belle que je n’aimerai qu’elle

Sur les bancs d’une école n’avoir qu’une parole

Qu’un copain pour la vie ne me confier qu’à lui

Passer des larmes aux rires le soleil pour avenir

Régresser régresser

Être un petit bébé dans un berceau d’osier

Lavé changé couché mon nounours à côté

doucement me faire bercer inondé de baisers

Sucer un peu mon pouce sur fond de chanson douce

Tendrement m’endormir sur les lèvres un sourire

Régresser régresser

Être enfin un foetus un foetus rien de plus

Caché dedans maman à l’ombre des méchants

Plus jamais avoir froid plus jamais avoir mal

Au chaud dans la lumière le coeur rempli d’étoiles

Oublier la misère mourir juste à l’envers.

X.M.

QUAND JE MARCHAIS DEBOUT

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,XM — webmaster @ 5:40
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Je devrais te maudire, magicien des ténèbres

Toi qui as mis ma vie dans le corps d’un chien loup

Je devrais te vomir, sorcier au nom funèbre

Mais je te remercie du fond de mon dégoût

Je suis bien dans mon poil bien sur mes quatre pattes

Et moins loin des étoiles que quand j’marchais debout

Dans ma veste animale, chien de race ou bâtard

Pour aller faire l’amour, pas besoin d’être beau

Qu’on soit femelle ou mâle, on s’accouple au hasard

De la nuit et du jour dans tous les caniveaux

Dans ma tête de chien, les hommes ont des yeux fous

Je ne regrette rien de ma vie d’être humain

Ne vous inquiétez pas du collier à mon cou

Vous en portez sans cesse, attachés à des laisses

Remballez vos caresses, vos baisers, vos mots doux

J’suis pas à adopter, encore moins à dresser

Je suis bien dans mon poil, bien sur mes quatre pattes

Et moins loin des étoiles que quand j’marchais debout

A la face des cieux je pisse mes prières

Et laisse aux rois païens toute une vie de blasphèmes

Je n’ai plus peur de Dieu, du ciel et de l’enfer

Au cimetière des chiens on entre sans baptême.

XM

LE PRESENT OUBLIE

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,XM — webmaster @ 5:37
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J’ai passé ma vie à attendre

ça a commencé tout petit

tout émoussé c’était décembre

que j’attendais le coeur transi

la neige Noël et les cadeaux

les jours venaient pas assez tôt

et puis Noël à peine en cendres

je recommençais à attendre

chocolats et vacances de Pâques

les beures guerrières façon Cosaque

Je repartais comme une fusée

châteaux de sable plages en été

le présent à jamais présent

Après j’ai attendu les tilles

le coeur bancale les rêves en vrille

et puis j’ai attendu l’amour

tous ses allers tous ses retours

reparti dans ma course folle

l’argent pour unique boussole

j’ai attendu mon ascension

les crédits pour une belle maison

et dans la foulée attendu

un enfant de toi pas venu

alors il fallait s’y attendre

chacun sa route sans trop comprendre

encore une fois j’ai attendu

des lettres de toi pas reçues

le présent jeté à la rue

moins tendre et un peu plus rebelle

je suis reparti de plus belle

j’ai attendu j’ai attendu

un week-end au bord de la mer

des ciels d’automne un peu plus clairs

un dimanche fleuri de lilas

un printemps qui ne venait pas

et le présent toujours pas là

j’ai attendu que la roue tourne

que la nuit de moi se détourne

ce à quoi je m’attendais pas

c’est de me trouver un jour là

et de nouveau j’attends j’attends

l’heure des parloirs et le courrier

l’heure du lever l’heure du coucher

les promenades l’heure de la douche

en attendant que vienne le jour

de ma sortie de mon retour

y’ a le présent qui file en douce

ce présent tellement important

qui m’a échappé tout le temps.

X.M.

DÉPRIME

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,XM — webmaster @ 5:34
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Au moment où tu l’attends pas

Doucement elle te prend le bras

Elle te fait marron dans les yeux

Maquille en noir tes jours heureux

T’as beau lui dire qu’elle est pas belle

Elle a fouillé dans tes poubelles

Remonté jusqu’à ton enfance

Dépouillé ton adolescence

trouvé tous tes vieux maux cachés

Au fond de toi bien enterrés

Elle te les balance en plein coeur

Au beau milieu de ton bonheur

Elle a vidé tous tes tiroirs

Fait le ménage dans tes placards

Gratté les coins de ta mémoire

À la recherche de vieux brouillards

De blessures mal cicatrisées

Elle commence à te faire saigner

D’un seul coup au creux de tes mains

Elle va pleuvoir tous les matins

Jusqu’à pourrir tous tes étés

Te faire l’hiver en plein juillet

Nouant tous tes jours de névroses

Elle va mettre ta vie sur pause

La peur et le chagrin en prime

Ton coeur va devenir infirme

De tout amour dépossédé

En toi il ne va que cogner

Au point qu’une nuit tu voudras

Que ça s’arrête tellement t’as froid

Elle elle aura enfin gagné

À un autre elle va s’accrocher

Et à l’oreille lui chuchoter

De vieux souv’nirs pour commencer

Et lui va plonger à son tour

Tout lui donner ses nuits ses jours

Jusqu’à en perdre la raison

Sans même lui demander son nom

Très vite il sera son intime

Sans savoir qu’elle s’appelle déprime.

XM

24 juin 2009

Terre-eau de vie

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,Éric Mercier — webmaster @ 7:40
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Souillée, blessée,  meurtrie
cellule déïque en danger,
exploitée, déforestée, appauvrie
citoyens stoïques, en parler.

Ours polaire, fini de pavoiser
ton territoire, minimisé !
Ours brin, fini de gambader
ta forêt, contaminée !

Bipède à conscience erronée
démuni de toute forme de respect
abruti de spots « publicité »
il te faudra un jour te recentrer.

Sècheresse de l’âme et des sentiments
arrête de psaumer le no futur !
Quand il te faudra boire tes sédiments
tu parodieras ta contre nature.

Prends conscience de ton non sens,
cesse ce comportement immature
réimplante un peu de tes « essences »
pour enfanter à nouveau dame nature…

ÉRIC MERCIER

Pelle – mail

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,Éric Mercier — webmaster @ 7:37
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Premier instant, premier regard
Première lueur, regard d’espoir
de ton village, poussière hagard
des millénaires, je rentre tard
de ton sourcier, espoir tari
de ton sorcier, sortilège banni,
de ton seul puits coule l’oubli
et si dieu n’était pas lui ?

Ouvre la classe, ouvre les rires
chasse la dass, ouvre les livres
de son enfance bien mal de vivre
de la décence pour t’en nourrir.

Quand tu respires, l’eau qui s’endort
quand au creuset l’eau comme de l’or
dans tes yeux, un sémaphore
humanité comme un accord.

De l’homme tu en esquisses les maux
de demain, tu en allèges le destin
de ton Afrique tu cherches l’eau
prends en mon cœur, voici mes mains.

ÉRIC MERCIER

18 avril 2009

QUAND JE PARTIRAI

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,P.H. Lezac — webmaster @ 9:29
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En partant pour l’éternité
La vie va beaucoup me manquer,
La vie c’est sûr, mais vous surtout
Hommes tant généreux que fous
Vos jeux, vos amours et vos joies
Vos cris, votre mauvaise foi
Vos folies et votre sagesse
Vos si doux gestes de tendresse,
Vos colères et emportements
Vos pleurs et vos abattements
Vos bonheurs et vos enthousiasmes
Vos moqueries et vos sarcasmes,
Votre besoin de raisonner
Votre immense curiosité
La volonté de tout apprendre
Et ce besoin de tout comprendre,
Vos manques de lucidité
Autant que vos sincérités,
Assurance et hésitations
Et jusqu’à vos contradictions.

Paul Henri Lezac

TERRA COGNITA

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,P.H. Lezac — webmaster @ 9:08
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Sous le ciel les nuages
Sous les nuages un arbre
Sous l’arbre un banc
Sur le banc
Un vieil homme
Et
Sur le banc le vieil homme
Se rejoue
Le film de sa vie.
Et
Sous le ciel
Sous les nuages
Sous l’arbre
Sous le banc
Sous les pieds du vieil homme
La terre
Où le vieil homme
Se fondra bientôt

Paul Henri Lezac

Ecce homo

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,P.H. Lezac — webmaster @ 8:54
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Je suis une terre brûlée
Les bombes, les sols calcinés
Je suis un vaste champ de mines
Murs détruits et longs pans de ruines,
Les villes dévastées

Je SUIS les corps déchiquetés
Pourrissant au fond des tranchées
Je suis le fracas des batailles
Le fer, l’acier et la mitraille
Le sang à flots versé

Je suis le pus, l’équarisseur
L’absent, la mort et la terreur
Je suis la flamme des bûchers
Les cris, les plaies de I’ écorché
Le paria rejeté

Je suis dans les larmes du Blonde
Le désespoir, la bête immonde
Je suis las, elle se réveille
Parce que nul ne la surveille
Les enfants violentés.

Paul Henri Lezac

La tôle

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:05
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Dur dur la tôle. Je ne pense pas que l’on arrive à s’y habituer.
Chacun s’adapte tant bien que mal dans cet univers plus que fermé.
Des personnalités différentes, des cultures diverses, une religion pour tous ceux
qui le souhaitent, des activités pour des chanceux comme pour le travail.
Bref, on est tous ensemble mais bien tous différents dans notre propre petite société carcérale.
Mais à l’extérieur de ces hauts murs il-y a-t-il une différence avec nous?
Je pose la question et je réponds que c’est une société qui ressemble de très près à la notre.
Une vie voisine à une survie où chacun tente d’exister tout simplement.
Lorsque j’entends tout ce qui se dit sur nous à l’extérieur de cette enceinte pénitentiaire, je ne l’accepte pas.
Comment une société peut-elle se permettre de critiquer, même juger un lieu
qu’elle ne connaît pas du tout aussi bien de près que de loin.
Avant de parler en répétant ce que vous entendez complètement déformé de la
réalité, venez vous faire votre propre opinion.
J’entends à la télévision que les dons du sang de moelle osseuse etc. etc. sont en
chute et qu’il n’y a plus assez de donneur .
Moi, je n’ai jamais fumé de ma vie, pas même bu une goutte d’alcool, hors de
question de toucher à la drogue. Du sport depuis que je suis tout gamin.
Aujourd’hui, j’aurai 36 ans le mois prochain, cela fait maintenant cinq ans que je suis ici et je n’ai pas changé mon rythme de vie.
Toujours très sportif sans aucune consommation de merde.
Je croise les doigts en vous disant ce que je vais écrire, mais jamais de médecin et une santé en béton armé.
Alors nous qui sommes considérés par vous comme des pestiférés où l’on nous
interdit d’être des donneurs alors que l’on est en bonne forme physique dans un corps sain.
Vous, l’autre société que je vois à l’horizon de ma fenêtre, d’ici on peut vous
juger aussi, sans même vous connaître, de ne pas vouloir aider votre prochain,
l’enfant du voisin, qui êtes-vous pour fermer les yeux à ces annonces de demandes de dons.
Votre société est-elle irréprochable? Vous pouvez la juger mais ici la notre de
société, vous ne le pouvez pas car , dans ma petite société de pestiférés en
reprenant vos pensées, la solidarité, cela existe depuis toujours et si l’on doit
donner une petite partie de nous pour notre prochain, la question ne se poserait même pas.

David Hotyat

17 avril 2009

Le peut plier

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,Olivier Toussat — webmaster @ 6:53
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Plier mais ne pas rompre.
Point l’histoire il ne faut interrompre,
Ne jamais se détourner de sa voie,
Ni ne jamais hausser la voix.

Discrétion et volonté,
Nous allons le montrer,
Valent mieux que discours éhontés,
Vendeurs d’absurdités démontrées.

Ce que j’en retient, et cela vaut morale,
C’est que force, volonté et patience,
Quoi de plus normal,
Nous mènent au plus prés du but c’est toute la différence

Olivier Toussat             en référence à la fable: « le chêne et le roseau » de Jean de la Fontaine

Être

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,Olivier Toussat — webmaster @ 6:42
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Il est heureux en cette affaire,
De démontrer si cela est utile,
Et il Ya fort à faire,
Que d’être soi-même n’est pas futile.

Nul n’apprécie en effet à travers le temps,
Personnage même fort bien joué,
Le piège est déjoué,
Arrêtons-nous un instant.

Tombons les masques,
La vérité tous nous démasque,
Un jour ou l’autre il faut s’y faire,
Nul moyen pour s’en défaire

Soyons nous-mêmes,
Le paraître importe peu,
\1 n’y a point d’enthymème,
Se sauve qui peut.

Olivier Toussat                    en référence à la fable: « le lion et l’âne chassant » de Jean de la Fontaine

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