
27 novembre 2009
24 juin 2009
Féminine
Beauté satine, yeux d’opaline
au cœur câline, caresse coquine.
Beauté marine, sirène malouine
marée mesquine sur ton corps dessine.
Beauté champêtre, liane de l’être
de naturel disparaître, en ton âtre brûle ton hêtre.
Beauté sablée, oasienne endiablée
amour désaltéré, comme vent, légèreté.
Beauté cité, soie rouge et maquillée
bord de ta vie, extrémité, artificielle et tamisée.
Femmes aimées, femmes oubliées,
femmes d’amour et d’amitié,
Souvenirs de vous, infinité !!!
ÉRIC MERCIER
18 avril 2009
La tôle
Dur dur la tôle. Je ne pense pas que l’on arrive à s’y habituer.
Chacun s’adapte tant bien que mal dans cet univers plus que fermé.
Des personnalités différentes, des cultures diverses, une religion pour tous ceux
qui le souhaitent, des activités pour des chanceux comme pour le travail.
Bref, on est tous ensemble mais bien tous différents dans notre propre petite société carcérale.
Mais à l’extérieur de ces hauts murs il-y a-t-il une différence avec nous?
Je pose la question et je réponds que c’est une société qui ressemble de très près à la notre.
Une vie voisine à une survie où chacun tente d’exister tout simplement.
Lorsque j’entends tout ce qui se dit sur nous à l’extérieur de cette enceinte pénitentiaire, je ne l’accepte pas.
Comment une société peut-elle se permettre de critiquer, même juger un lieu
qu’elle ne connaît pas du tout aussi bien de près que de loin.
Avant de parler en répétant ce que vous entendez complètement déformé de la
réalité, venez vous faire votre propre opinion.
J’entends à la télévision que les dons du sang de moelle osseuse etc. etc. sont en
chute et qu’il n’y a plus assez de donneur .
Moi, je n’ai jamais fumé de ma vie, pas même bu une goutte d’alcool, hors de
question de toucher à la drogue. Du sport depuis que je suis tout gamin.
Aujourd’hui, j’aurai 36 ans le mois prochain, cela fait maintenant cinq ans que je suis ici et je n’ai pas changé mon rythme de vie.
Toujours très sportif sans aucune consommation de merde.
Je croise les doigts en vous disant ce que je vais écrire, mais jamais de médecin et une santé en béton armé.
Alors nous qui sommes considérés par vous comme des pestiférés où l’on nous
interdit d’être des donneurs alors que l’on est en bonne forme physique dans un corps sain.
Vous, l’autre société que je vois à l’horizon de ma fenêtre, d’ici on peut vous
juger aussi, sans même vous connaître, de ne pas vouloir aider votre prochain,
l’enfant du voisin, qui êtes-vous pour fermer les yeux à ces annonces de demandes de dons.
Votre société est-elle irréprochable? Vous pouvez la juger mais ici la notre de
société, vous ne le pouvez pas car , dans ma petite société de pestiférés en
reprenant vos pensées, la solidarité, cela existe depuis toujours et si l’on doit
donner une petite partie de nous pour notre prochain, la question ne se poserait même pas.
David Hotyat
10 avril 2009
Gina
Le canal de mes beaux jours filait droit devant les tours;
il y avait là un vieux gardien, toujours saoul qui ne faisait rien
que mater dans ses jumelles, savoir si les femmes étaient belles!
Je me souviens les saules pleureurs…
ma mère nous donnait un quatre heures,
et puis déjà qu’on trouvait des cadavres de chats crevés,
éventrés sur les paillassons, ou souvent de gros étrons …
Et cette sale bande de p’tits salauds qui jouaient à s’ faire des carreaux,
qui commençaient à faire les macs et sortaient pour tirer des sacs!
Gina s’inventait une poitrine avec des bonnets d’ouatine…
c’était la grande brune plate, ne permettant pas qu’on la tâte …
pour elle j’ voulais être policier ;
mais ma vocation a raté .
Pourtant, j’ volais qu’ des mobylettes, j’étais un garçon honnête !…
on allait faire du motocross quand elle m’ disait qu’fallait qu’je bosse;
parfois je l’amenais dans la cave où j’avais tout un stock d’épaves…
qui par les jours de gros cafard finissaient dans l’eau sans retard.
C’est vrai qu’à Arles y’ avait c’ canal …
mais ces souvenirs me font mal!
Alors aussi j’étais raciste et j’ trouvais qu’y’ avait trop d’ touristes…
Le soir, j’ piquais de grosses bagnoles pour aller faire des courses folles,
avant, la nuit d’ les faire cramer au fond des gorges de Mimet…
Il faut bien que Jeunesse passe!
Y’ avait longtemps qu’ j’ faisais plus d’ casses,
la prison j’aurai préféré
la faire jeune pour qu’e'que chose de vrai. .. Qu’e'que chose de vrai!
Claude Villata
La bien-venue
Une fiancée sans mémoire referme les portes de l’armoire
où sous les piles de draps blancs ses chemises de lin d’enfant
ont gardé l’odeur des lavandes des giroflées et des amandes…
Premier décembre au coin du feu et l’on devine être amoureux,
lorsque les champs sont endormis sous une brume d’Arcadie
somptueuse écharpe de soie où toutes les couleurs se noient .
Le clair de lune à la fenêtre vient doucement faire apparaître
un lent défilé de nuages sur le sol en carrelage
où sont restés jupe et chandail, et des escarpins en bataille …
Sur une descente de lit, pieds-nus-droite se tient Sophie
qui offre son corps aux reflets… des flammes de la cheminée,
en cambrant sa haute taille dans la moiteur des épousailles .
Il fait chaud et son Maître joue à parcourir le ventre rond
de la belle qu’il a élue et qui frissonne toute émue
dans cette adorable ivresse frémissante sous les caresses…
Une médaille à son cou… les larmes coulant sur les joues,
elle enlève enfin ses mains découvrant ses petits seins
parmi l’entrelacs de dentelles , …mademoiselle .
Le bois résineux gémit …dans l’âtre les chenets rougis
se racontent les autrefois des veillées funèbres parfois,
les longs hivers de disette … puis nos parents que l’on regrette.
Avant de se déshabiller tout les soirs à l’heure du coucher,
ma femme prie un christ en croix et l’effleure de ses doigts
puis le cache sous un voile…brodé d’une pluie d’étoiles .
Qu’importent les tristes hasards… encore ces Amours de Ronsard…!
point de passé ni d’avenir, je sais qu’elle vit sans mentir
s’il faut polissonne et coquine, ou avec ses airs de menine,
… mais aussi à la cuisine.
Claude Villata