LE CERCLE DES POÈTES DÉTENUS

3 janvier 2010

Maman

Filed under: Jean Jacques,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:27
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Tu arpentais les trottoirs de la nuit

Et un jour sans le vouloir, je t’avais suivie

A l’époque ma surprise fut très grande

Car j’étais trop petit pour comprendre.

J’ai encore cette vision musicale

Où pour Strasbourg Saint Denis c’était normal,

Dans ce bar les clients buvaient le champagne

Et que c’était ton refuge pour ne plus avoir mal.

Quand je pleurais tu me serrais dans tes bras

Et je t’aimais malgré tout ça

J’étais ton enfant, seulement un peu plus différent

Car je t’ai toujours aimée Maman.

Je te regardais avec amour

Moi, l’enfant que j’étais,

Tu étais si belle dans tes discours

Où tes absences m’habitaient.

Je me souviens aussi de tous ces amants

Qui souillaient ses draps blancs

Pour un quart d’heure ou pour une heure,

Ces hommes payaient toujours comptant.

Tu étais si belle à mon regard d’enfant

Qu’aujourd’hui je me demande encore

Si le temps a été le plus fort

De pouvoir te dire, je t’aime Maman.

Jean Jacques

18 avril 2009

JE ME SOUVIENS

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,P.H. Lezac — webmaster @ 9:17
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De ces vacances heureuses
De la langueur insidieuse
0es si longs après-midi d’été
Du goût du chocolat au goûter
J’avais 5 ans, 7 an s, un peu plus peut-être
Ni leçons, ni devoirs, ni maître
Nous étions des enfants
Bercés de rires et de chants
Nous vivions des aventures
ZORRO, Tintin, le Roi Arthur
Nous faisions des cabanes
Des arcs, des flèches, des sarbacanes,
Des maquettes et des châteaux ,
Nous avions nos cachettes et nos courses au trésor
Et grimpions dans les arbres
En attendant Septembre
Qui ne viendrait jamais,
C’est ce que l’on croyait …

Dédié à Bertrand, Thibaud, Arthur
et à tous ceux qui ont fait des cabanes

Paul Henri Lezac

Les Gitans

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,P.H. Lezac — webmaster @ 9:02
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A l’écart de nos portes closes,
Chez nous un beau jour ils se posent.
Sous leurs doigts, en apothéose,
Fleurie d épines et de roses,
Issue des rythmes andalous
La musique jaillit d’un coup
Du fond des temps, d’on ne sait où.
Efflanqués et maigres, ces loups
A jamais enfuis de nos cages
Généreux et fous et sauvages
Sans possessions et sans bagages
Eux, libres enfants des rois mages
Par leurs regards incandescents,
Leurs sortilèges envoûtants
Nous parlent de leur peuple errant
C’est le temps, je chant des gitans,
Tantôt sombre, et tan tôt clair!
Parlant la langue de leurs pères
Il a franchi les monts, les mers
Embrasant les coeurs et la chair.

Paul Henri Lezac

Pour…

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:29
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À 30 ans
Pour la première fois
Derrière les barreaux
À 34 ans
Pour la première fois
Condamné à perpette
À 36 ans
Pour chaque instant
Une pensée pour eux
À la lueur du ciel
L’album voyage
De photo en photo
À la tombée de la nuit
Leurs ébats d’enfants
Surgissent des rêves imaginaires
Petite puce de 5 ans
Bambin de 3 ans
L’effroyable séparation de vous deux
Enfants bientôt adolescents
D’un côté sans père
De l’autre sans enfants
Ce n’est pas dans cette vie
Du plus grand bonheur
D’un rôle de papa.

David Hotyat

9 avril 2009

MA FILLE, MON AMOUR, MON ESPOIR

Filed under: Jean Pierre Gueye,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 5:23
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Les étoiles sont venues me visiter
Pour me parler de toi ;
Et maintenant je sais
Qu’elles me parlaient aussi de moi.
J’imagine tes petites et grandes peines,
Déjà présente dans ta vie de petite fille.
Comme si c’était moi qui tenait les reines,
Je ressens tous ces choques dans tes quilles.
Je t’ai rêvée seule dans ton petit coin,
Triste et recevant la boule en pleine poitrine,
Alors que ton papa est bien trop loin
Pour venir défendre ta vitrine.
Je pense que parfois dans ta chambre tu pleures,
Que tu te sens souvent abandonnée,
Que tu aurais bien aimé connaître ta sœur,
Que tu puisses dans ses bras aller te réfugier.
Un jour tu auras ce bonheur de retrouver ton papa.
Je ne t’ai jamais oublié et je t’aime.
Je sais tout ce qu’on t’aura dit sur moi…
Mois tu verras vite que ces dires son extrêmes.
Je suis un homme de sensibilité et d’amour,
Malgré toutes les erreurs que j’ai pu commettre
Et, comme le Grand Pardon existe toujours,
Seul Dieu en est le Tout Puissant Maître.
Peut-être que tu me pardonneras, toi aussi,
De toutes mes absences?
D’avoir un jour disparu de ta vie?
Et de t’avoir privée de ma présence ?
Je reste fort parce que je crois en toi,
Ma fille, mon amour, mon espoir;
Je sais qu’un jour tu seras dans mes bras
Et que nous n’aurons plus peur du noir.

Jean Pierre Gueye

PAPA

Filed under: Jean Pierre Gueye,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 5:19
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Père qui ne fut le mien
Que par la procréation,
Les coups diluviens
Et les maintes frustrations.

Père qui pourtant m’aimait
Dans toute sa contradiction,
Sans le montrer et çà jamais,
A ma grande déception.

Père qui ne m’a pas appris
Ce bel amour filial
Si nécessaire li ma vie
Dépourvue de tout idéal.

Père, là, quand trop violent
Et absent dans l’amour
Ou alors en le voilant
En tournant autour.

Père qui m’a dévalorisé
En ne me respectant pas,
Qui de moi s’est débarrassé
En m’éloignant chez les paras.

Père se laissant mourir
Au bord du désespoir,
Tuant tous mes vifs désirs
De vivre hors du noir.

Ô père entend-tu ma voix
Lorsque je prie et carême ?
Juste pour te crier Papa
Mon Dieu que je t’aime !

Jean Pierre Gueye

6 avril 2009

L’amour

Filed under: Hervé lavaud,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 5:37
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Leur amour avait débuté
Très tendre en amitié
Il aimait cette présence
La jeune fille autour de lui
Elle restait de longues heures
A tricoter en sa compagnie
Ils se sont rencontrés
A l’école pendant les heures de colle
D’un geste, d’un sourire exquis
Ils étaient devenus complices
Se voyant régulièrement
Et après quelque temps
Ils eurent des enfants
Tout allait bien pour eux
Ils étaient heureux
Mais la guerre arriva
Il dut partir au combat
Vivre les galères,
La même rengaine
Quand ce fut fini
Il rentra chez lui
Elle était là toujours pour lui
Les enfants ont grandi
Ils sont partis
Ils vivent leur vie
Et eux, ils habitent chez eux
Comme des vieux
Mais ils sont joyeux
Vous ne me croyez pas
Pourtant c’est mon histoire
Nous allons fêter nos quatre-vingt années
Ma femme, toujours la même beauté
Comme le jour où je l’ai rencontrée,
Continue de tricoter à mes cotés

Hervé lavaud

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