LE CERCLE DES POÈTES DÉTENUS

24 juin 2009

TO BE

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,Éric Mercier — webmaster @ 7:42
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Être, au-delà du paraître,
sans l’ombre d’un hêtre,
exister pour ne point disparaître
dans l’ambre d’un soir à naître.

Chaque instant, comme une naissance,
chaque matin, comme existence,
chaque chagrin, comme convalescence,
chaque amour, comme une essence.

Exister au delà des contours
respect d’autrui, de sa cour
être d’une humeur troubadour
pour exister, nourris toi d’amour.

Désir instantané, sans aucun ridicule
féconder une étoile, pour parfaire l’ovule
féconder une fleur, pour chérir l’opercule
enfin exister, au sortir de ma bulle.

Être issu du firmament
né de poussière, appelée parents
exister de par le présent
du futur, tu en es l’enfant…

ÉRIC MERCIER

Pelle – mail

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,Éric Mercier — webmaster @ 7:37
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Premier instant, premier regard
Première lueur, regard d’espoir
de ton village, poussière hagard
des millénaires, je rentre tard
de ton sourcier, espoir tari
de ton sorcier, sortilège banni,
de ton seul puits coule l’oubli
et si dieu n’était pas lui ?

Ouvre la classe, ouvre les rires
chasse la dass, ouvre les livres
de son enfance bien mal de vivre
de la décence pour t’en nourrir.

Quand tu respires, l’eau qui s’endort
quand au creuset l’eau comme de l’or
dans tes yeux, un sémaphore
humanité comme un accord.

De l’homme tu en esquisses les maux
de demain, tu en allèges le destin
de ton Afrique tu cherches l’eau
prends en mon cœur, voici mes mains.

ÉRIC MERCIER

LEURRE

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,Éric Mercier — webmaster @ 7:35
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Un soir, un jour, une heure
cartons, papiers, chiffons
chaleur froideur se meurent
dans cette rue sans toi, sans nom.

Enfant de la rue, enfant de la balle
femme battue, nul t’accompagne.
Adulte perdu, sinistre dédale
lutte perdue, triste campagne.

Enfant mineur, enfant tueur,
formé toujours pour avoir peur,
enfant rieur, enfant rêveur
nul envisage ta vie par cœur.

Aïeux perdus, monde inconnu
porteurs de vie, mémoire sans vue
Alzheimer, inconvenance des pas perdus
partir parfois dans l’autre rue.

De toutes ces vies, de tous ces clones
de tout ce jeu, il y a maldonne
pourquoi dieu restes tu aphone ?
Pourquoi l’amour ça se fredonne ?

Ouvre ton cœur, féconde m’âme
de l’enfant vieux du macadam
résonne en toi tous les tamtam
d’amour, de joie garde la flamme.

ÉRIC MERCIER

19 avril 2009

À vous

Filed under: LES POÊTES VISITEURS — webmaster @ 8:19
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À vous
mes enfants
qui comme le dit
Khalil Gilbran
venez à travers nous
et non de nous

À vous
je serai à jamais
reconnaissant
de nous faire
le bonheur
d’être
vos Parents

éric bargis

18 avril 2009

JE ME SOUVIENS

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,P.H. Lezac — webmaster @ 9:17
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De ces vacances heureuses
De la langueur insidieuse
0es si longs après-midi d’été
Du goût du chocolat au goûter
J’avais 5 ans, 7 an s, un peu plus peut-être
Ni leçons, ni devoirs, ni maître
Nous étions des enfants
Bercés de rires et de chants
Nous vivions des aventures
ZORRO, Tintin, le Roi Arthur
Nous faisions des cabanes
Des arcs, des flèches, des sarbacanes,
Des maquettes et des châteaux ,
Nous avions nos cachettes et nos courses au trésor
Et grimpions dans les arbres
En attendant Septembre
Qui ne viendrait jamais,
C’est ce que l’on croyait …

Dédié à Bertrand, Thibaud, Arthur
et à tous ceux qui ont fait des cabanes

Paul Henri Lezac

Pour…

Filed under: David Hotyat,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 7:29
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À 30 ans
Pour la première fois
Derrière les barreaux
À 34 ans
Pour la première fois
Condamné à perpette
À 36 ans
Pour chaque instant
Une pensée pour eux
À la lueur du ciel
L’album voyage
De photo en photo
À la tombée de la nuit
Leurs ébats d’enfants
Surgissent des rêves imaginaires
Petite puce de 5 ans
Bambin de 3 ans
L’effroyable séparation de vous deux
Enfants bientôt adolescents
D’un côté sans père
De l’autre sans enfants
Ce n’est pas dans cette vie
Du plus grand bonheur
D’un rôle de papa.

David Hotyat

10 avril 2009

Gina

Filed under: Claude Villata,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 1:32
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Le canal de mes beaux jours filait droit devant les tours;
il y avait là un vieux gardien, toujours saoul qui ne faisait rien
que mater dans ses jumelles, savoir si les femmes étaient belles!

Je me souviens les saules pleureurs…
ma mère nous donnait un quatre heures,
et puis déjà qu’on trouvait des cadavres de chats crevés,
éventrés sur les paillassons, ou souvent de gros étrons …

Et cette sale bande de p’tits salauds qui jouaient à s’ faire des carreaux,
qui commençaient à faire les macs et sortaient pour tirer des sacs!

Gina s’inventait une poitrine avec des bonnets d’ouatine…
c’était la grande brune plate, ne permettant pas qu’on la tâte …
pour elle j’ voulais être policier ;
mais ma vocation a raté .

Pourtant, j’ volais qu’ des mobylettes, j’étais un garçon honnête !…
on allait faire du motocross quand elle m’ disait qu’fallait qu’je bosse;
parfois je l’amenais dans la cave où j’avais tout un stock d’épaves…
qui par les jours de gros cafard finissaient dans l’eau sans retard.

C’est vrai qu’à Arles y’ avait c’ canal …
mais ces souvenirs me font mal!
Alors aussi j’étais raciste et j’ trouvais qu’y’ avait trop d’ touristes…

Le soir, j’ piquais de grosses bagnoles pour aller faire des courses folles,
avant, la nuit d’ les faire cramer au fond des gorges de Mimet…

Il faut bien que Jeunesse passe!
Y’ avait longtemps qu’ j’ faisais plus d’ casses,
la prison j’aurai préféré
la faire jeune pour qu’e'que chose de vrai. .. Qu’e'que chose de vrai!

Claude Villata

L’âne et l’enfant

Filed under: Claude Villata,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 12:53
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« Donne moi ce gros chardon
tout bleu et tendre qui me tente »,
disait tout grison le vieil âne
derrière ses piquets de clôture

en tendant vers moi l’encolure
le matin de nos promenades
au chemin buissonnier en pente
où je traînais jeune garçon.

Moi j’allais encore à l’école
et le vieil âne m’attendait
chaque matin près du grillage
de son enclos mélancolique…

Il écoutait ma rhétorique
avec un air très doux et sage
donnant son front à caresser
à ma cousinette Carole…

que je soulevais dans mes bras,
souriante dans son babil
offrant une poignée de fleurs
à ce gentil « Nanami »…

Carole vivait sa Trisomie ,
pauvre petit bout de coeur
que de stupides imbéciles
avaient nommée « Gogolita ».

Durant des années nous passions
ce chemin de ronces et de mûres
et le vieil âne était content
de nous partager tant d’Amour…

Carole est partie sans retour
avec ce sourire confiant
dans un paradis de verdure;
l’âne aussi le vieux Grison …

Il reste bien trop d’amertume
dans nos amours d’enfants déçus,
l’âne et Carole sont ailleurs,
là où ils pourront être heureux…

Je rêve jouer avec eux
désirant croire en leur bonheur
de sentiment tout ingénu
loin de ces temps qui nous consument.

Claude Villata

9 avril 2009

MA FILLE, MON AMOUR, MON ESPOIR

Filed under: Jean Pierre Gueye,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 5:23
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Les étoiles sont venues me visiter
Pour me parler de toi ;
Et maintenant je sais
Qu’elles me parlaient aussi de moi.
J’imagine tes petites et grandes peines,
Déjà présente dans ta vie de petite fille.
Comme si c’était moi qui tenait les reines,
Je ressens tous ces choques dans tes quilles.
Je t’ai rêvée seule dans ton petit coin,
Triste et recevant la boule en pleine poitrine,
Alors que ton papa est bien trop loin
Pour venir défendre ta vitrine.
Je pense que parfois dans ta chambre tu pleures,
Que tu te sens souvent abandonnée,
Que tu aurais bien aimé connaître ta sœur,
Que tu puisses dans ses bras aller te réfugier.
Un jour tu auras ce bonheur de retrouver ton papa.
Je ne t’ai jamais oublié et je t’aime.
Je sais tout ce qu’on t’aura dit sur moi…
Mois tu verras vite que ces dires son extrêmes.
Je suis un homme de sensibilité et d’amour,
Malgré toutes les erreurs que j’ai pu commettre
Et, comme le Grand Pardon existe toujours,
Seul Dieu en est le Tout Puissant Maître.
Peut-être que tu me pardonneras, toi aussi,
De toutes mes absences?
D’avoir un jour disparu de ta vie?
Et de t’avoir privée de ma présence ?
Je reste fort parce que je crois en toi,
Ma fille, mon amour, mon espoir;
Je sais qu’un jour tu seras dans mes bras
Et que nous n’aurons plus peur du noir.

Jean Pierre Gueye

EMMA (à ma fille)

Filed under: Jean Pierre Gueye,LES POÊTES DÉTENUS — webmaster @ 5:03
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Qu’il est triste de te savoir
Loin de moi et de ma vie.
Trop difficile de croire
Qu’à présent tout soit fini!
Je regrette de n’avoir pu assister
A toutes ces premières fois
Qui t’ont vu grandir à souhait
Sans jamais pouvoir dire « Papa »,
J’ai tout fait pour garder Je contact,
Je t’ai écrit et envoyé des choses,
En essayant de conserver le tact,
Mais sans réponses à ma prose…
Aujourd’hui, tu vois, je pense à toi,
Le cœur en berne et l’âme en peine;
Tu me manques et je suis sans joie,
Comme un sujet qui perd sa reine.

Jean Pierre Gueye

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