
27 novembre 2009
24 juin 2009
LEURRE
Un soir, un jour, une heure
cartons, papiers, chiffons
chaleur froideur se meurent
dans cette rue sans toi, sans nom.
Enfant de la rue, enfant de la balle
femme battue, nul t’accompagne.
Adulte perdu, sinistre dédale
lutte perdue, triste campagne.
Enfant mineur, enfant tueur,
formé toujours pour avoir peur,
enfant rieur, enfant rêveur
nul envisage ta vie par cœur.
Aïeux perdus, monde inconnu
porteurs de vie, mémoire sans vue
Alzheimer, inconvenance des pas perdus
partir parfois dans l’autre rue.
De toutes ces vies, de tous ces clones
de tout ce jeu, il y a maldonne
pourquoi dieu restes tu aphone ?
Pourquoi l’amour ça se fredonne ?
Ouvre ton cœur, féconde m’âme
de l’enfant vieux du macadam
résonne en toi tous les tamtam
d’amour, de joie garde la flamme.
ÉRIC MERCIER
18 avril 2009
Il y a eu un jour
Il Y a eu un jour
Le trois janvier 1998
Il Y a eu ce jour
Pour la première fois dans mes yeux
Il y a eu les jours
Que je puisse me passer de toi
Il y a eu tant de jour
Séparé par un mur
Il y aura des jours
Où nous nous quitterons plus.
David Hotyat
Pour…
À 30 ans
Pour la première fois
Derrière les barreaux
À 34 ans
Pour la première fois
Condamné à perpette
À 36 ans
Pour chaque instant
Une pensée pour eux
À la lueur du ciel
L’album voyage
De photo en photo
À la tombée de la nuit
Leurs ébats d’enfants
Surgissent des rêves imaginaires
Petite puce de 5 ans
Bambin de 3 ans
L’effroyable séparation de vous deux
Enfants bientôt adolescents
D’un côté sans père
De l’autre sans enfants
Ce n’est pas dans cette vie
Du plus grand bonheur
D’un rôle de papa.
David Hotyat
10 avril 2009
in Umbria
Sous les ormeaux d’Italie
une esplanade de village
déploie sa mélancolie
par un sale temps d’orage ,
et de toutes jeunes filles,
jouent encore à leurs marelles
devant les torsades de grilles …
de tout cela tu te rappelles ?
On allait jouer le soir
à l’auberge des trois moineaux
des airs de violons un peu noirs
qui faisaient grincer leurs os…
dehors s’attardait la pluie,
la pluie d’hiver sur les jardins
enserrés dans les bras gris
d’un brouillard sourd à nos refrains.
Puis l’on rejoignait les hangars ,
nos feux de campement tzigane
où les grondements des guitares
les coups de talons des gitanes,
martelaient aux échos de plaine
ce long douloureux cri d’amour,
comme un hurlement de haine
de la nuit qui voudrait le jour.
Te souviens-tu ? … après la mort
du vieux qui s’était pendu
comme on avait cherché son or,
avec les filles de la tribu
qui avaient volé ses chevaux…
puis brûlé l’antique verdine
au milieu du champ de pavots
où elle avait pris racine .
Claude villata
Qu’emportera
Voici l’oeil du cyclone
j’y cours et il arrive
comme un jour de lessive
quand je m’en tourbillonne…
Restant sur le qui-vive
j’y vois, Dieu me pardonne,
d’autres formes lascives …
S’il est temps que je meure ?
…quand ton âme d’enfant
qui a déjà mille ans
m’offre un grand champ de fleurs!
Qu’emportera le vent?
Je cherche la douceur
Du coeur de ta maman
Claude Villata
La bien-venue
Une fiancée sans mémoire referme les portes de l’armoire
où sous les piles de draps blancs ses chemises de lin d’enfant
ont gardé l’odeur des lavandes des giroflées et des amandes…
Premier décembre au coin du feu et l’on devine être amoureux,
lorsque les champs sont endormis sous une brume d’Arcadie
somptueuse écharpe de soie où toutes les couleurs se noient .
Le clair de lune à la fenêtre vient doucement faire apparaître
un lent défilé de nuages sur le sol en carrelage
où sont restés jupe et chandail, et des escarpins en bataille …
Sur une descente de lit, pieds-nus-droite se tient Sophie
qui offre son corps aux reflets… des flammes de la cheminée,
en cambrant sa haute taille dans la moiteur des épousailles .
Il fait chaud et son Maître joue à parcourir le ventre rond
de la belle qu’il a élue et qui frissonne toute émue
dans cette adorable ivresse frémissante sous les caresses…
Une médaille à son cou… les larmes coulant sur les joues,
elle enlève enfin ses mains découvrant ses petits seins
parmi l’entrelacs de dentelles , …mademoiselle .
Le bois résineux gémit …dans l’âtre les chenets rougis
se racontent les autrefois des veillées funèbres parfois,
les longs hivers de disette … puis nos parents que l’on regrette.
Avant de se déshabiller tout les soirs à l’heure du coucher,
ma femme prie un christ en croix et l’effleure de ses doigts
puis le cache sous un voile…brodé d’une pluie d’étoiles .
Qu’importent les tristes hasards… encore ces Amours de Ronsard…!
point de passé ni d’avenir, je sais qu’elle vit sans mentir
s’il faut polissonne et coquine, ou avec ses airs de menine,
… mais aussi à la cuisine.
Claude Villata
L’âne et l’enfant
“Donne moi ce gros chardon
tout bleu et tendre qui me tente”,
disait tout grison le vieil âne
derrière ses piquets de clôture
en tendant vers moi l’encolure
le matin de nos promenades
au chemin buissonnier en pente
où je traînais jeune garçon.
Moi j’allais encore à l’école
et le vieil âne m’attendait
chaque matin près du grillage
de son enclos mélancolique…
Il écoutait ma rhétorique
avec un air très doux et sage
donnant son front à caresser
à ma cousinette Carole…
que je soulevais dans mes bras,
souriante dans son babil
offrant une poignée de fleurs
à ce gentil “Nanami”…
Carole vivait sa Trisomie ,
pauvre petit bout de coeur
que de stupides imbéciles
avaient nommée “Gogolita”.
Durant des années nous passions
ce chemin de ronces et de mûres
et le vieil âne était content
de nous partager tant d’Amour…
Carole est partie sans retour
avec ce sourire confiant
dans un paradis de verdure;
l’âne aussi le vieux Grison …
Il reste bien trop d’amertume
dans nos amours d’enfants déçus,
l’âne et Carole sont ailleurs,
là où ils pourront être heureux…
Je rêve jouer avec eux
désirant croire en leur bonheur
de sentiment tout ingénu
loin de ces temps qui nous consument.
Claude Villata
ATTENTION
Tu Peux Apporter
Tout L’or Du Monde
Lui Eux
Sont Dedans
Toi Es Dehors
Au Chaud
Dans Ta Bagnole
Tu Peux Apporter
Ta Poésie
Tes Jolis Mots
Ton Amitié
Même Ton Amour
Lui Eux
Sont Dedans
Toi Dehors
Tu Peux Apporter
Ton Coeur
Tes Tripes
Ton Temps
Longtemps
Lui Eux
Sont Dedans
Toi Dehors
Tu Entres
Tu Sort
Eux Entrent
Et Restent
Nuance
Une Gomme
Trois Feuilles
Et Deux Stylos
Rigolo
Mais Eux
Apportent
Sans Y Penser
Coeur
Regard
Chaleur
Amitié
Et Quelques Mots
Sur Le Papier
Ici Attention
Qui Est Dehors
Qui Est Dedans ?
Pas Toujours
Qui On Croit!
Invité D’une Heure
Ou Deux
Attention !
Jacques Yves Bérard
9 avril 2009
MA FILLE, MON AMOUR, MON ESPOIR
Les étoiles sont venues me visiter
Pour me parler de toi ;
Et maintenant je sais
Qu’elles me parlaient aussi de moi.
J’imagine tes petites et grandes peines,
Déjà présente dans ta vie de petite fille.
Comme si c’était moi qui tenait les reines,
Je ressens tous ces choques dans tes quilles.
Je t’ai rêvée seule dans ton petit coin,
Triste et recevant la boule en pleine poitrine,
Alors que ton papa est bien trop loin
Pour venir défendre ta vitrine.
Je pense que parfois dans ta chambre tu pleures,
Que tu te sens souvent abandonnée,
Que tu aurais bien aimé connaître ta sœur,
Que tu puisses dans ses bras aller te réfugier.
Un jour tu auras ce bonheur de retrouver ton papa.
Je ne t’ai jamais oublié et je t’aime.
Je sais tout ce qu’on t’aura dit sur moi…
Mois tu verras vite que ces dires son extrêmes.
Je suis un homme de sensibilité et d’amour,
Malgré toutes les erreurs que j’ai pu commettre
Et, comme le Grand Pardon existe toujours,
Seul Dieu en est le Tout Puissant Maître.
Peut-être que tu me pardonneras, toi aussi,
De toutes mes absences?
D’avoir un jour disparu de ta vie?
Et de t’avoir privée de ma présence ?
Je reste fort parce que je crois en toi,
Ma fille, mon amour, mon espoir;
Je sais qu’un jour tu seras dans mes bras
Et que nous n’aurons plus peur du noir.
Jean Pierre Gueye
PAPA
Père qui ne fut le mien
Que par la procréation,
Les coups diluviens
Et les maintes frustrations.
Père qui pourtant m’aimait
Dans toute sa contradiction,
Sans le montrer et çà jamais,
A ma grande déception.
Père qui ne m’a pas appris
Ce bel amour filial
Si nécessaire li ma vie
Dépourvue de tout idéal.
Père, là, quand trop violent
Et absent dans l’amour
Ou alors en le voilant
En tournant autour.
Père qui m’a dévalorisé
En ne me respectant pas,
Qui de moi s’est débarrassé
En m’éloignant chez les paras.
Père se laissant mourir
Au bord du désespoir,
Tuant tous mes vifs désirs
De vivre hors du noir.
Ô père entend-tu ma voix
Lorsque je prie et carême ?
Juste pour te crier Papa
Mon Dieu que je t’aime !
Jean Pierre Gueye



