LE CERCLE DES POÈTES DÉTENUS

« Bienfaits d’Écrits »

Il est bien évident qu’une lourde condamnation est une part de vie qui s’étiole… et dans ce contexte qu’est l’incarcération, il reste primordial de se recentrer, de jouer des coudes pour se dépêtrer de la lise qui vous englue dans l’abîme du désespoir ; s’ébattre des pieds et des mains pour en surface survivre… Ne pas perdre le fil, qu’il soit d’Ariane ou du funambule, ta tangente, cette corde à la foi…volte face !

La vie est un échiquier géant, muni de moult parcelles, découpées elles-mêmes en multiples cases.
La vie tarie, mais la vie à tout prix ! En quête d’une source pour inonder la lise et de fait reprendre surface, émerger et scruter l’horizon, un horizon « liberté » non celle physique mais objective. Penser et se dépenser pour atténuer les souffrances en irisant l’avenir.
À l’origine était la source, que j’imaginais enfouie sous les méandres de mon existence. Le fait d’avoir vécu nombres d’années aux portes du sahel en cherchant l’eau, de là, asséchée par l’érosion, sous nos pieds, si enfouie, sans outils pour qu’elle rejaillisse !!!
il me fallait rencontrer la bonne personne dans ce dédale aride : le sourcier, le sorcier : l’espoir, le savoir, l’abreuvoir.
Le sourcier : Jacques Bérard, qui m’a fait prendre conscience que je suis la source et en détiens le sésame : creuser en soi pour nourrir son « être ».
Je dissimulais tant de sources en moi ; je les tarissais pour masquer mes émotions, pour ne pas hurler le mal être de mon enfance et ses circonstances, de ces failles que l’on ensable pour adoucir le présent… ne pas blesser l’entourage, peur des représailles, un paysage, quel saccage !!!
Puis on s’attelle à sculpter sa plume pour restructurer un équilibre dans cet apesanteur carcéral où on a du mal à conjuguer le présent.

La poésie m’a ouvert mille fenêtres d’où j’ai banni chaque rideau, pour laisser la lumière m’envahir et s’associer à la source : floraison, oasis, ramification infinie…
Une autre approche de soi-même, autre perception de mes émotions, ouvrir les yeux et laisser s’écouler la rosée de l’Iris, ne pas en tarir leur langage, comprendre le besoin des autres, y butiner malgré leur dard, leurs regards…

C’est aussi reprendre l’assurance dans tout ce que l’on peut entreprendre, car l’auditoire est constant, dès l’instant ou vous offrez des rimes comme une dentelle ; fragilité et force se mêlent, une symbiose de vos souvenirs, avenir à présent.

Des mots de maux canevas pour tisser, peindre et dépeindre le labyrinthe de notre existence… Coloriser chevalet bancal, lui redonner l’aspect, l’essence de tous nos sens et prendre un peu de recul pour éviter l’absence.
Tous ces sens pour sortir de l’impasse car la poésie est : sentir, frémir, nourrir, s’accomplir ; définir ce que le verbe ne peut dire, mais simplement ressentir. Peut être pour éloigner nos : le martyr, le souffrir, le mourir !!!
Le poème ne tient pas seulement de proses de rimes et de vers ; il est l’encre de nos sentiments, une belle empreinte de notre état d’esprit, de notre cœur, méli-mélo : bonheur, tristesse, ardeur, paresse : éclosion de nos pensées.

À ce jour, je suis radieux comme un nouveau né dans les yeux de sa maman, envie de vivre et de redécouvrir toute cette perception d’essences, envie de façonner mon aquarelle toute en dentelle… d’en oublier les murs, tagués de haine, de violences entreposées dans l’espace temps.

L’horizon ? Il est dans ma tête où se cachent mille fenêtres, toujours ouvertes, où chaque saison inspire la création. Une richesse coule en mes veines : l’expression ; qui en ces lieux prend tout une autre dimension. De ce fait les barreaux laissent place à une autre architecture.
Ce n’est pas sans fondement que mon premier recueil s’intitule : « L’Un connu … l’Autre pas »
À découvrir … à franchir

ÉRIC MERCIER – DÈC 09

3 commentaires »

  1. Oui mais moi j’aime beaucoup mais pourquoi ce silence vous êtes des poètes qui doivent écrire pour votre souffrance ça je le comprends mais il n’y a pas de moyen de communiquer c’est dommage parce qu’il y a du talent là dedans et merci et bon courage

    Commentaire par dupuy zazouette — 14 mai 2013 @ 11:33 | Répondre

  2. Incredible! This blog looks just like my old
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    Commentaire par This Site — 15 mai 2013 @ 7:09 | Répondre

  3. Oui je suis d’accord mais c’est la seule façon de faire sortir la souffrance par le biais des poèmes pour eux ça leurs apportent beaucoup et pour nous eh! bien nous constatons que ceux qui sont en prison ne sont pas forcément des personnes idiotes parce que moi la souffrance dans ma jeune j’ai été bien servie et seule je me suis sortie de ce calvaire il faut les encourager certains en valent la peine merci et c’est bizarre que je m’en suis pas aperçue avant

    Commentaire par dupuy zazouette — 16 mai 2013 @ 10:05 | Répondre


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