Avant d’arriver jusqu’ici
Si J’étais pas un tout gentil
J’étai spas vraiment un méchant
Ou quelque fois à contretemps
Mais là ça y’ est tout a changé
En huit mois je suis transformé
Dilapidant chaque jour ma sueur
Je suis devenu un vrai tueur
Je tue le temps je tue l’ennui
Je tue les heures je tue la pluie
Sans sommation sans balle à blanc
J’ vide mon chargeur sur le présent
Avec nonchalance et furie
Je flingue mes jours je flingue mes nuits
Armé simplement d’un stylo
J’ torture l’absence avec des mots
Tire à vue sur mes insomnies
Et brise le cou à la folie
Je fume mes larmes à coups de rimes
Et crame la laideur d’une maxime
De quelques vers bien aiguisés
Je saigne à blanc l’obscurité
Pends haut et court mes souvenirs
Et séquestre mon avenir
D’octosyllabes à fond J’étripe
À mains nues tous mes mauvais trips
Et plante de phrases bien affûtées
Toutes les balances de mon passé
D’un ou deux slams bien effilés
De quelques poèmes acérés
J’ai coupé la langue au silence
Taillé les veines à mon enfance
J’élimine j’étrangle ou lapide
Je mets à mort l’ombre et le vide
Lance des contrats sur ma mémoire
Sur mes angoisses sur mes cauchemars
La solitude assassinée
Et la misère décapitée
Au vitriole d’un encrier
J’ délivre des permis d’inhumer
Écris en prose à l’imparfait
Des certificats de décès
J’ étouffe j’efface je dégoupille
De quelques césures je fusille
À l’aide de beaux alexandrins
Je suis devenu malandrin
Un tueur à gages un mafioso
Tout simplement un tueur de maux.
XM.
C’est certainement le 4ème poème que je lis de toi. Depuis 6 mois je suis confrontée à cette nouvelle réalité qu’est l’incarcération. Confrontée mais pas comme “vous”, moi à l’extérieur, mais un être cher à l’intérieur… Et tes mots autant que tes maux, me touchent, m’émeuvent, me bouleversent, car ils confirment l’idée abstraite que je me fais de vos conditions de vie, de vos blessures intérieures. La fluidité de tes phrases me plait, c’est explicite et si subtile. Tu manies bien le verbe. C’est beau et en même temps ça fait tellement mal…
Bon courage XM
Commentaire par Gladys A. — 4 mai 2011 @ 3:06 |