J’ai passé ma vie à attendre
ça a commencé tout petit
tout émoussé c’était décembre
que j’attendais le coeur transi
la neige Noël et les cadeaux
les jours venaient pas assez tôt
et puis Noël à peine en cendres
je recommençais à attendre
chocolats et vacances de Pâques
les beures guerrières façon Cosaque
Je repartais comme une fusée
châteaux de sable plages en été
le présent à jamais présent
Après j’ai attendu les tilles
le coeur bancale les rêves en vrille
et puis j’ai attendu l’amour
tous ses allers tous ses retours
reparti dans ma course folle
l’argent pour unique boussole
j’ai attendu mon ascension
les crédits pour une belle maison
et dans la foulée attendu
un enfant de toi pas venu
alors il fallait s’y attendre
chacun sa route sans trop comprendre
encore une fois j’ai attendu
des lettres de toi pas reçues
le présent jeté à la rue
moins tendre et un peu plus rebelle
je suis reparti de plus belle
j’ai attendu j’ai attendu
un week-end au bord de la mer
des ciels d’automne un peu plus clairs
un dimanche fleuri de lilas
un printemps qui ne venait pas
et le présent toujours pas là
j’ai attendu que la roue tourne
que la nuit de moi se détourne
ce à quoi je m’attendais pas
c’est de me trouver un jour là
et de nouveau j’attends j’attends
l’heure des parloirs et le courrier
l’heure du lever l’heure du coucher
les promenades l’heure de la douche
en attendant que vienne le jour
de ma sortie de mon retour
y’ a le présent qui file en douce
ce présent tellement important
qui m’a échappé tout le temps.
X.M.