Un soir, un jour, une heure
cartons, papiers, chiffons
chaleur froideur se meurent
dans cette rue sans toi, sans nom.
Enfant de la rue, enfant de la balle
femme battue, nul t’accompagne.
Adulte perdu, sinistre dédale
lutte perdue, triste campagne.
Enfant mineur, enfant tueur,
formé toujours pour avoir peur,
enfant rieur, enfant rêveur
nul envisage ta vie par cœur.
Aïeux perdus, monde inconnu
porteurs de vie, mémoire sans vue
Alzheimer, inconvenance des pas perdus
partir parfois dans l’autre rue.
De toutes ces vies, de tous ces clones
de tout ce jeu, il y a maldonne
pourquoi dieu restes tu aphone ?
Pourquoi l’amour ça se fredonne ?
Ouvre ton cœur, féconde m’âme
de l’enfant vieux du macadam
résonne en toi tous les tamtam
d’amour, de joie garde la flamme.
ÉRIC MERCIER