LE CERCLE DES POÈTES DÉTENUS

18 avril 2009

Ecce homo

Filed under: LES POÊTES DÉTENUS,P.H. Lezac — webmaster @ 8:54
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Je suis une terre brûlée
Les bombes, les sols calcinés
Je suis un vaste champ de mines
Murs détruits et longs pans de ruines,
Les villes dévastées

Je SUIS les corps déchiquetés
Pourrissant au fond des tranchées
Je suis le fracas des batailles
Le fer, l’acier et la mitraille
Le sang à flots versé

Je suis le pus, l’équarisseur
L’absent, la mort et la terreur
Je suis la flamme des bûchers
Les cris, les plaies de I’ écorché
Le paria rejeté

Je suis dans les larmes du Blonde
Le désespoir, la bête immonde
Je suis las, elle se réveille
Parce que nul ne la surveille
Les enfants violentés.

Paul Henri Lezac

Un commentaire »

  1. ça me rappelle le « je vous salue Marie » de Francis James chanté par Brassens
    Couronnement d’épines

    Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
    Tandis que des enfants s’amusent au parterre
    Et par l’oiseau blessé qui ne sait pas comment
    Son aile tout à coup s’ensanglante et descend
    Par la soif et la faim et le délire ardent
    Je vous salue, Marie.

    Flagellation

    Par les gosses battus, par l’ivrogne qui rentre
    Par l’âne qui reçoit des coups de pied au ventre
    Et par l’humiliation de l’innocent châtié
    Par la vierge vendue qu’on a déshabillée
    Par le fils dont la mère a été insultée
    Je vous salue, Marie.

    Portement de Croix

    Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids
    S’écrie:  » Mon Dieu !  » par le malheureux dont les bras
    Ne purent s’appuyer sur une amour humaine
    Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
    Par le cheval tombé sous le chariot qu’il traîne
    Je vous salue, Marie.

    Crucifixion

    Par les quatre horizons qui crucifient le monde
    Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe
    Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains
    Par le malade que l’on opère et qui geint
    Et par le juste mis au rang des assassins
    Je vous salue, Marie.

    Résurrection

    Par la mère apprenant que son fils est guéri
    Par l’oiseau rappelant l’oiseau tombé du nid
    Par l’herbe qui a soif et recueille l’ondée
    Par le baiser perdu, par l’amour redonné
    Et par le mendiant retrouvant sa monnaie
    Je vous salue, Marie.

    Francis James

    Merci Paul Henri ((-:

    Commentaire par arbrealettres — 21 octobre 2009 @ 6:24 | Répondre


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