Il est bien temps d’ nous faire des rimes
à tartiner du pain azyme!
J’ sais pas pourquoi j’ suis en prison
à nourrir mon frère le pigeon,
qu’est même pas un pigeon voyageur,
qu’est tout l’ temps là sans avoir peur…
Rien que d’ le voir, cela m’ déprime,
c’est bien l’ plus con, c’est l’ Onésime !
Quand y’ en a un, il en vient cent,
j’ les déchirerais avec les dents !
Bancals gangrenés alignés su’ l’ coté,
déplumés et puants, y m’ roucoulent tendrement. ..
Pour eux j’ suis presqu’un garde-mites,
et l’heure d’ la gamelle est un rite.
Je hais ces parasites autant qu’ l’ enfermement,
car y m’ font trop rêver à m’asseoir sur un banc.
Bénissant ma vie les jours pairs
je la maudis les jours impairs,
au point de perdre l’équilibre …
en attendant vieux d’être libre,
sur un banc voûté tout tremblant,
à donner des bouts de pain blanc,
consacrer ma vie inutile
à engraisser ces volatiles !
Claude Villata
Un beau slam pour rencontre “pigeonnière” !
Commentaire par ABC — 19 octobre 2009 @ 3:32 |