Pour hurler lorsque j’ai mal,
Pour crier lorsque la douleur
N’a point d’égal,
Pour dire tous mes malheurs,
Pour pleurer les larmes de mon corps,
Pour rappeler mes petits bonheurs
Oubliés encore et encore,
J’écris…
Pour que la folie glisse sur moi
Sans s’agripper à la faiblesse,
Fondement de mes émois
A l’époque des caresses,
J’écris…
Pour survivre jour après jour
Dans le dénuement du genre humain,
Pour reconnaitre avoir trouvé l’amour
Qui m’accompagnera vers mes lendemains,
J’écris…
Pour supporter l’insupportable
Pour mesurer l’immesurable
Pour franchir l’infranchissable
Pour ne penser à l’impensable
J’écris…
Pour te voir même là où tu n’es plus
Pour remonter la pendule du temps
Pour te rappeler que tu m’as plu
Pour redevenir ton seul amant,
Alors j’écris…
Pour me souvenir de mes enseignements
Martiaux datant de l’époque des grands voyages
Permettant de tout dépasser allégrement
Jusqu’à se libérer de la peur des forts orages
J’écris …
J’écris pour me libérer du désespoir
Comme d’autres rient pour permettre
(Comme à l’époque de la traite des noirs)
D’éviter le joug de la baguette
J’écris pour que mon sang circule dans mes veines
En évitant l’obstruction des canaux
Qui n’aimeraient pas trop qu’on les draine
Comme pratiqué dans les hôpitaux
J’écris…
Pour ne pas cesser de respirer
J’écris parce que les problèmes s’accumulent
Sans même que j’aie le temps de prier
De les analyser et prendre du recul
Face à ces détachements moléculaires infimes
Constituant la déchéance de ma pensée
J’écris des messages subliminaux et sublimes
En protection qui par elle sera capté
J’écris..
J’écris..
J’écris pour dire !
Jean Pierre Gueye